Vous avez payé un logo et reçu des images prêtes à publier. Plus tard, une autre agence doit adapter le graphisme, traduire les textes et produire une enseigne. Elle demande les fichiers sources et les autorisations correspondantes. L’équipe découvre que ces éléments n’avaient pas été précisés à la commande.
Le sujet dépasse la remise de fichiers. Il faut comprendre ce que l’entreprise pourra faire avec les créations, pendant combien de temps, dans quels territoires et avec quels intervenants. Cet article vous aide à préparer ces questions. Les clauses adaptées dépendent des créations, des parties et du droit applicable.
Ce que vous pourrez préparer
Un périmètre d’utilisation écrit et un inventaire des créations et licences.
- Comprendre le rôle du droit d’auteur, souvent appelé copyright.
- Préparer les droits sur les créations commandées.
- Clarifier les responsabilités entre fondateurs, société et prestataires.
ÉTAPE 1 SUR 4
Distinguer droit d’auteur et marque
Le droit d’auteur concerne des œuvres et leur expression, comme un texte, une photographie ou une création graphique remplissant les conditions de protection. L’OMPI explique que la protection s’acquiert généralement automatiquement, sans formalité, et qu’elle porte sur l’expression plutôt que sur l’idée elle-même. L’originalité est une condition essentielle. [W3]
Le mot copyright est souvent employé dans les outils et contrats. Pour votre projet, l’important est de comprendre quels droits existent et quel droit s’applique. La présence d’un symbole ou d’une mention ne crée pas à elle seule toutes les autorisations nécessaires. Un logo peut relever de plusieurs questions : création graphique, usage comme marque et éventuels éléments repris à des tiers.
Le droit d’auteur et la marque n’ont pas la même fonction. Une autorisation sur le dessin ne suffit pas à établir que le nom peut être utilisé pour votre activité. Un dépôt de marque ne vous donne pas automatiquement les droits sur une photographie, une police ou un texte incorporé dans la communication. Réunissez les vérifications au lieu de les substituer les unes aux autres.
Dans le contexte luxembourgeois, le guide du ministère de la Culture rappelle notamment la distinction entre possession d’un objet ou d’un fichier et droits sur l’œuvre. Il explique aussi qu’une création de prestataire indépendant nécessite l’autorisation pertinente, sauf disposition contractuelle adaptée. [L1] Payer la facture doit donc s’accompagner d’une compréhension du contrat.
ÉTAPE 2 SUR 4
Décrire les usages attendus à la commande
Listez les usages réels : site, réseaux sociaux, documents, publicité, emballages, signalétique, vidéo ou autres supports. Ajoutez les adaptations prévisibles : changement de format, couleur, traduction, animation, déclinaison d’une offre et intervention d’un nouveau prestataire. Il sera plus facile de discuter des droits avec cette liste qu’avec une demande vague de « tous les droits ».
Demandez si le contrat prévoit une licence ou une cession, et ce que cela signifie dans votre cas. Une licence autorise certains usages ; une cession transfère des droits dans un périmètre convenu. Faites préciser l’exclusivité éventuelle, les territoires, la durée, les modes d’exploitation, la rémunération et les conditions d’intervention d’autres personnes. La rédaction et les effets doivent être vérifiés selon le droit applicable.
Les droits moraux concernent notamment le lien entre l’auteur et son œuvre : la mention de son nom ou le respect de sa création, selon le droit applicable. Discutez des modifications que vous envisagez et des validations nécessaires. Les règles diffèrent entre pays ; une clause reprise d’un contrat étranger peut être inadaptée. Faites préciser ce que l’accord vous permettra de modifier et dans quelles conditions. [L1]
Prévoyez aussi le moment où les droits prennent effet et ce qui se passe si la mission s’arrête avant la fin. Les propositions non retenues ne deviennent pas nécessairement utilisables. Demandez quels éléments pourront être conservés si le nom change et dans quelles conditions une nouvelle agence pourra reprendre le travail.
ÉTAPE 3 SUR 4
Recenser les éléments qui viennent d’ailleurs
Un logo, un site ou une campagne peut réunir une création propre, une police, des images de banque, des icônes et des composants sous licence. Demandez un inventaire de ces ressources provenant d’autres personnes ou fournisseurs, avec leurs conditions d’utilisation. Le prestataire ne peut pas vous céder plus de droits qu’il n’en détient ; certaines licences imposent des restrictions à examiner.
Pour chaque ressource importante, notez la provenance, le titulaire de la licence, les usages permis, les restrictions et les éventuels coûts récurrents. Vérifiez en particulier les usages comme logo ou marque lorsqu’un élément de bibliothèque est envisagé. Une licence adaptée à une illustration de site ne convient pas nécessairement à l’identité exclusive d’une entreprise.
Si des outils d’intelligence artificielle interviennent, demandez quels éléments ont été générés, quelles ressources ont été fournies et quelles conditions d’utilisation s’appliquent. Ne présumez ni une exclusivité ni une protection automatique de toute sortie. Les conditions du service et les caractéristiques de la création doivent être examinées dans leur contexte, avec un conseil si l’identité en dépend.
La même attention vaut pour les traductions, voix, musiques et photographies. Une déclinaison peut introduire de nouveaux droits même lorsque l’identité principale a été clarifiée. Ajoutez ces éléments à l’inventaire au fil du projet pour éviter de devoir reconstruire leur provenance au moment d’une transmission.
ÉTAPE 4 SUR 4
Organiser la titularité et la remise
Distinguez la personne qui commande, celle qui paie, la personne ou société qui reçoit les droits et celle au nom de laquelle chaque domaine ou marque est enregistré. Ces rôles peuvent être répartis entre fondateurs, société et prestataires. Si la société n’est pas encore constituée, faites préciser qui agit et comment la reprise ou le transfert des engagements sera organisé. L’accord entre associés doit aussi permettre de comprendre ce qui restera à l’entreprise si l’un d’eux quitte le projet.
Demandez une liste de remise : exports prêts à utiliser, fichiers modifiables, éléments liés nécessaires, documentation et inventaire des licences. La remise de fichiers sources doit être prévue ; elle ne se déduit pas de l’autorisation de publier une image. Inversement, disposer du fichier modifiable ne démontre pas que toutes les modifications et tous les usages sont permis.
Si une agence fait intervenir un sous-traitant, demandez comment la chaîne des autorisations est assurée. Vous avez besoin d’une confirmation adaptée à la prestation, pas des mots de passe ni de tous les documents internes de l’agence. Le contrat doit définir qui répond de la remise et des droits annoncés, ainsi que les limites éventuelles.
Si les droits manquent après livraison, rassemblez l’accord initial et les échanges. Faites clarifier les usages déjà autorisés, demandez les compléments nécessaires et examinez les alternatives. Une nouvelle licence, un avenant, le remplacement d’une ressource ou une création différente peut être envisageable. Évitez de continuer les déclinaisons litigieuses en supposant que le paiement initial a tout réglé.
Erreurs et solutions
Supposer que la facture transfère tous les droits.
Conséquence possible. Une adaptation, une publication ou une transmission peut dépasser l’accord.
Pour l’éviter. Décrire les usages et faire préciser licence ou cession dans le contrat.
Si c’est déjà fait. Relire l’accord, obtenir les droits complémentaires ou remplacer l’élément concerné.
Recevoir seulement une image finale sans sources ni inventaire.
Conséquence possible. Une nouvelle agence doit reconstruire les fichiers ou ignore les restrictions.
Pour l’éviter. Convenir de la remise et des licences dès la commande.
Si c’est déjà fait. Demander les éléments manquants et chiffrer leur récupération ou leur remplacement.
Votre première action
Réunissez les contrats et un inventaire : création, auteur ou fournisseur, droits convenus, usages, ressources de tiers, fichiers reçus et points à clarifier.
Merci de préciser les créations et ressources incluses, les droits dont notre entreprise disposera pour les utiliser et les adapter, ainsi que les fichiers modifiables remis. Quelles restrictions, licences ou autorisations supplémentaires devons-nous prévoir ?
Mini-glossaire
- Droit d’auteur
- Droits attachés à une œuvre remplissant les conditions de protection.
- Licence
- Autorisation d’usage dans un périmètre défini.
- Cession de droits
- Transfert de droits déterminés selon un accord.
- Fichier source
- Fichier modifiable servant à produire les exports.
Sources et méthode
Les méthodes de comparaison et les essais qualitatifs sont proposés par Wize. Les sources éclairent les notions et les démarches dans leur périmètre ; elles ne remplacent pas une analyse du projet.
- OMPI — Comment obtenir une protection au titre du droit d’auteur ?
Protection automatique, originalité, expression et non idée.
- Ministère de la Culture du Luxembourg — Guide pratique des droits d’auteur
Guide 2021, pp. 4, 9 et 10 : fichier et droits, droits moraux, créations commandées et autorisations.
- Guichet.lu — Marque déposée
Notions ; absence de marque nationale limitée au Luxembourg, Benelux et Union européenne.
Les procédures peuvent évoluer ; vérifiez les modalités applicables à votre opération auprès des intervenants concernés.
Une correction à signaler ? Écrivez à Wize en précisant le passage et, si possible, une source.
